Cécile STROUK Paris
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Publié le 27 août 2014
Christille Murillo, c’est un personnage fantasque que nous avons repéré dans la pièce "Bouts d’Ugzu", création originale qu’elle a co-écrite avec deux autres auteurs et interprètes désireux de s’exprimer sur les petits tracas de la vie quotidienne. Le Baleinié, c’est eux, compilation de néologismes qui réinventent les désagréments de la vie quotidienne. Ce laboratoire expérimental des mots, elle le voit comme un moyen de temporiser ses tracas, d’exorciser ces “choses qui envahissent ma tête et qui m’empêchent de penser à autre chose tant que je ne les ai pas solutionnées.” Son plus grand tracas : "la jupe coincé dans votre collant au sortir des toilettes” ou, plus grave, “un ami qui n’est pas là parce qu’il est mort”.

L'édition 2014 de la Mousson d'été a pour thématique la peur. Et la peur, comme émotion, ça commence par une inspiration… Alors, on s'est demandé ce que ça vous inspirait, la peur ?

La peur, c'est le silence. Avec la Mousson, je suis dans un élément où je n'ai pas peur : c'est idéal pour moi car tout est bruit, parole et musique. A Paris, je combats la peur avec la télé, qui me donne un repère de l'espace-temps rassurant.

Les pièces à la Mousson d'été sont lues plus que jouées, tout entières au service du texte. Qu'est-ce que vous lisez, vous, en ce moment ?

Rien, je suis celle qui lis le moins au monde mais j'essaie de me corriger. Donc cette année, j'ai lu les nouvelles de Hanokh Levin, que j'ai moins aimées que ces pièces, horribles et merveilleuses à la fois. J'ai aussi le Dictionnaire du surréalisme chez moi, où je peux consulter des trucs quand ça me chante.

La Mousson d'été, c'est la rencontre entre des artistes de la scène européenne voire internationale. Est-ce qu'il y a une façon de faire le théâtre en Europe qui vous séduit particulièrement ?

Je n'ai aucune vision d'ensemble. Je vis au jour le jour, je suis l'interprète type. Mon seul talent, c'est d'essayer d'aller dans le sens de ce qu'on me demande. C'est d'observer pour essayer d'avoir des idées.

Si vous étiez un personnage de théâtre contemporain, lequel seriez-vous ?

Je serais Helen Keller, la petite fille sourde, muette et aveugle dans Miracle en Alabama. C'est un personnage extraordinaire, très courageux.

Où et quand peut-on vous retrouver prochainement ?

Bouts d'Ugzu va tourner un peu en France :5 jours à Toulouse fin janvier, 1 jours à Bruges milieu mars et le 30 mars à Alfortville. A partir de décembre, je vais également joué dans une pièce de Jean-Marie Piemme, Les Pâtissières, au Vingtième Théâtre.

Christine Murillo, à La Mousson d'été