Cécile STROUK Paris
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Publié le 28 août 2014
Radio Ploutsch, c’était le rendez-vous quotidien de la Mousson d'été 2014, que le public attendait non sans impatience, malgré seulement quatre chroniques diffusées pendant trois jours. Pourtant, pour Hervé Blutsch, c’était la première à Pont-à-Mousson. A croire que la pataphysique a encore ses heures de gloire au vu des rires à gorge déployée qu'a réussi à déclencher ce savant moustachu, confortablement installé derrière son dispositif radiophonique, tel un austère présentateur de l'ORTF.

L'édition 2014 de la Mousson d'été a pour thématique la peur. Et la peur, comme émotion, ça commence par une inspiration… Alors on s'est demandé ce que ça vous inspirait, la peur ?

Ce qui a été assez angoissant avec Radio Ploutsch, c'est de faire tous les soirs un truc différent, d'inventer à chaque fois un contenu inédit. D'être dans la création permanente, avec toujours la peur que ça déçoive ou que le texte soit mal maîtrisé. La peur, c'est compliqué.

Les pièces à la Mousson d'été sont lues plus que jouées, tout entières au service du texte. Qu'est-ce que vous lisez, vous, en ce moment ?

Je lis Guignol's Band, de Louis-Ferdinand Céline. Ça se passe à Londres pendant la première guerre mondiale. C'est le bordel. Céline, c'est un voyage à chaque fois. On est embarqué par le langage. Ça en devient complètement ésotérique.

La Mousson, c'est la rencontre entre des artistes de la scène européenne, voire internationale. Est-ce qu'il y a une façon de faire le théâtre en europe qui vous séduit particulièrement ?

Je suis assez sensible aux univers allemands, à leur façon efficace de travailler, de concevoir. Ils sont dans l'action, ça avance vite. Sinon, l'auteur qui m'a le plus frappé ces dernières années, c'est le Suisse-Allemand Christoph Marthaler. J'aime beaucoup son esthétique, riche, entre musicalité et burlesque.

Si vous étiez un personnage de théâtre contemporain, lequel seriez-vous ?

Hervé Blutsch.

Où et quand peut-on vous retrouver prochainement ?

J'ai deux spectacles à venir. Un au CDN de Dijon : une conférence co-écrite avec Benoît Lambert sur le théâtre pour les gens qui n'y vont pas, et qui se joue dans des lieux qui ne sont pas des théâtres (centres sociaux, maisons de retraite). Et un autre, en décembre, au même endroit : L'emprunt Edelweiss, une radio Ploutsch d'1h15.

Pour finir, découvrez une petite vidéo, Hervé Blutsch à la crêche : http://vimeo.com/9064064

 

Hervé Blutsch, à La Mousson d'été