Karine PROST Avignon
Contact
Publié le 30 juillet 2009
C’est sous le titre accrocheur de « Le Procès d’Avignon, Acte 1 » que Jean-Marc Adolphe (directeur de la publication de la revue Mouvement) lance sa « croisade » contre le Festival d’Avignon. Une action en justice devrait prochainement être introduite par la revue, sur les conseils de ses avocats.

« L’histoire » commence l’été dernier, quand la documentariste québécoise Sonia Léontieff, qui travaille sur « La fabrique du Monde » (un projet de film en trois temps autour de l’élaboration de notre civilisation à travers ses récits) décide d’intégrer le Festival d’Avignon à sa recherche. Après un premier contact et quelques images tournées en 2008, Sonia Léontieff fait, en juin dernier, une demande d’accréditation au Festival pour l’édition 2009. Soutenue par l’Office national du film du Canada, le Centre national des Arts d’Ottawa, (dirigé par Wajdi Mouawad, artiste associé au Festival cette année) et l’Institut du Nouveau Monde à Montréal, elle est déjà en contact avec plusieurs artistes invités au Festival. Ce n’est que le 4 juillet, alors que Sonia Léontieff est déjà sur le territoire français, qu’elle apprend que sa demande d’accréditation lui est refusée. A l’exception d’une autorisation exceptionnellement accordée pour la trilogie de Wajdi Mouawad, elle n’aura le droit de filmer ni les spectacles, ni les débats, ni les entretiens organisés par le Festival.

Mi-juillet, les Editions du Mouvement apportent leur soutien à la documentariste et lui proposent une coproduction de son film. Leur collaboration s’élargit par ailleurs sur la diffusion d’images filmées par Sonia Léontieff, pour le compte de la revue Mouvement, sur le site internet du magazine. En dépit de ce partenariat, les accréditations de Mme Léontieff font toujours défaut et la documentariste ne peut filmer librement les spectacles, débats et autres entretiens qu’elle souhaiterait.

Fort de ce constat, Jean-Marc Adolphe, au nom de sa revue, décide d’entamer une procédure judiciaire contre le Festival d’Avignon pour "entrave à la liberté de création", "entrave à la liberté d’expression", "entrave à la liberté de la presse", et "abus de position dominante". Il reproche en effet aux instances dirigeantes du Festival de ne pas autoriser d’autres films que ceux « validés » par le Festival lui-même, cela même lorsque l’artiste concerné est d’accord. Ces films étant réalisés exclusivement par la Compagnie des Indes. « Pour un journaliste, c’est comme si on avait une seule agence de presse accréditée par le Festival, la seule qui puisse faire des critiques sur les spectacles lesquelles seraient ensuite revendues aux différents journaux ! » s’insurge-t-il. Le fait d’interdire à tout autre documentariste le droit de filmer représentations et entretiens révèle, selon lui, une transformation profonde et problématique des institutions culturelles. Avec une marchandisation croissante des choses et un mélange inquiétant des sphères privées et publiques. Un vaste débat qui dépasse la question purement juridique. Et dont le journaliste a d’ores et déjà décidé de se faire le porte-parole, en écrivant un livre dont le titre est déjà trouvé : « Le Procès d’Avignon ». Le Mouvement n’a pas fini de faire des vagues…

Le Mouvement devient trublion…
à propos...
"Le Procès d'Avignon, Acte 1"